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Portrait de la MRC

Le milieu biophysique | L'occupation du territoire | Le milieu humain

 

Le territoire de la MRC de Maria-Chapdelaine est situé au nord-ouest du Lac-Saint-Jean, et couvre une superficie presque aussi grande que celle de la Suisse (40 000 km2) ce qui la situe au cinquième rang en importance au Québec. Du point de vue biophysique, la MRC se caractérise par de grands espaces forestiers en plaines agricoles et un réseau hydrographique imposant, notamment composé des grandes rivières du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de plus de 8 000 lacs.

La population de la MRC, d’environ 25 000 habitants, se concentre au sud du territoire dans les deux villes et les dix municipalités rurales qui forment le milieu municipalisé. La MRC couvre aussi un immense territoire forestier, communément appelé Territoires non-organisés (TNO). Ce second ensemble composant la MRC appartient au domaine public.

1 - Le milieu biophysique
Géomorphologie
Le territoire de la MRC de Maria-Chapdelaine est couvert par deux grands ensembles géomorphologiques, soit les basses terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le massif montagneux qui fait partie de la région naturelle des Laurentides boréales.

Les basses terres
Les basses terres du Saguenay-Lac-Saint-Jean présentent un relief peu accidenté dont la nature des sols se compose principalement d'argile fixée sur des matériaux morainiques non stratifiés et de sable deltaïque provenant de la fonte des glaciers durant la dernière glaciation. Étant donné le type de sol issu de cette pédogenèse, le potentiel agricole de la MRC pour les grandes cultures est qualifié de moyen.

Le massif montagneux
Quant au massif montagneux, il est constitué des hautes terres occupant près de la totalité du territoire de la MRC et la majorité de celles-ci est à l'intérieur des Territoires non-organisés (TNO). Contrairement aux basses terres, le massif montagneux présente un relief accidenté au sud qui tend à s'aplanir vers le nord. La présence de ces deux formations géologiques couvrant le territoire de la MRC lui confère la présence d’un réseau hydrographique caractéristique.

Hydrographie
L’une des principales caractéristiques biophysiques du territoire de la MRC de Maria-Chapdelaine est, outre la forêt, son réseau hydrographique. Ce dernier se compose, en tout ou en partie, des bassins versants des rivières Péribonka, Petite Péribonka, Mistassini, Ticouapé et Ashuapmushuan qui, du nord vers le sud, convergent vers le lac Saint-Jean. D’une superficie de plus de 1000 km2 et troisième plus grand plan d’eau au Québec, le lac Saint-Jean avait été appelé Piékouagami par les amérindiens qui signifie «lac plat» avant que le Père DeQuen le nomme lac Saint-Jean en 1647. Hormis la forêt, l’agriculture, l’exploitation et la mise en valeur des plans d’eau ont été et sont toujours un moteur de  développement économique, touristique, récréatif et social.

Climat, Végétation et Faune
Caractérisé par ses étés courts et chauds et ses hivers longs et rigoureux, le climat de la MRC est dit de type continental. Il est influencé au sud par la présence modératrice du lac Saint-Jean et au nord par des montagnes qui agissent comme brise-vent.

Le type de végétation présente dans la portion sud de la MRC appartient à la limite nordique du domaine de la sapinière à bouleau jaune. Au nord, elle fait place au domaine de la sapinière à bouleau blanc et, encore plus au nord soit vers l’extrémité de la MRC, la végétation appartient au domaine de la pessière à mousses. Dans les domaines plus au sud, les principaux peuplements forestiers sont les tremblaies, les pinèdes grises et les sapinières. Plus on remonte vers le nord, plus ces peuplements laissent place à la pessière noire. La MRC abrite aussi sur son territoire, le plus gros bouleau jaune du Québec peut-être même du Canada en bordure de la rivière Péribonka.

Les principales espèces fauniques terrestres présentes sur le territoire de la MRC sont l’orignal, l’ours noir et le caribou. Les deux premiers se trouvent sur la quasi-totalité du territoire, tandis que le caribou se trouve essentiellement au nord du 50ème parallèle. Le territoire est aussi peuplé de petites faunes dont le castor, le lièvre d’Amérique, le lynx du Canada et le renard roux.

La MRC compte aussi la présence d’espèces aquatiques dont plus de 25 espèces de poissons peuplent ses plans d’eau et plusieurs sont déterminantes pour la pratique d’activités récréatives, notamment la ouananiche (saumon d’eau douce). De plus, depuis quelques années, la Grande Oie des Neiges et la Bernache du Canada ont adopté la région comme halte d’alimentation durant ses longues migrations.

2 - L'occupation du territoire
Les débuts de l’occupation du territoire de la MRC de Maria-Chapdelaine remontent au XVIIe siècle avec la colonisation du Saguenay-Lac-Saint-Jean lorsque des explorateurs et missionnaires ont parcouru ce vaste territoire. Peuplé d’animaux à fourrure, le roi de France, Louis XIV, voyant l’engouement pour cette nouvelle ressource, y institua le territoire du «Domaine du Roy». S’étendant du fleuve Saint-Laurent jusqu’à la Baie James, ce dernier devenait en quelque sorte une région administrative réservée exclusivement, pour le bénéfice de l’État, au commerce des fourrures.

La colonisation effective du territoire de l’actuelle MRC de Maria-Chapdelaine allait commencer plus tard  suite entre autres à l’épuisement de la ressource et le constat des potentialités agricoles de terres. C’est vers les années 1800 que la région, y compris la MRC de Maria-Chapdelaine, fut ouverte à la colonisation. Jusqu’en 1878, malgré la traversée de la rivière Ashuapmushuan en 1878, les établissements humains étaient encore timides.  En 1892, suite à une nouvelle vague de colonisation, les Pères Trappistes s’installaient aux abords de la rivière Mistassini. À partir de 1895, la colonisation s’est poursuivie vers l’est dans la municipalité de Péribonka et jusqu’à la première moitié du XXe siècle dans les autres municipalités de la MRC. Les nouveaux colons défrichaient leur emplacement à des fins d’établissement et agricoles. Les activités primaires liées à l’exploitation des ressources naturelles et la mise en valeur du réseau hydrographique ont facilité la sédentarisation des nouvelles populations.

Aujourd’hui, l’histoire agraire et forestière de la MRC de Maria-Chapdelaine perdure encore dans l’exploitation et la mise en valeur de ce territoire. Ses caractéristiques biophysiques et l’artificialisation des milieux ont dessiné de grands ensembles formant les secteurs agricoles homogènes qui se concentrent au sud et autour des municipalités telles Albanel, Normandin et Saint-Edmond-les-Plaines. La foresterie, quant à elle, est particulièrement présente dans la couronne-nord du territoire municipalisé de la MRC.

Patrimoine
Les attraits de la MRC de Maria-Chapdelaine résident dans la grandeur et la beauté de ses paysages : les plaines agricoles, la forêt boréale, les grandes bleuetières en bordure de route, les chutes et les rivières nordiques, l’établissement des premiers occupants, les villes et villages de campagne auxquels s’ajoutent des sites patrimoniaux reconnus. La MRC regorge aussi de bâtiments à caractère religieux chargés de signification - églises, presbytères, croix de chemin, chapelles - et elle est marquée par la présence de plusieurs communautés religieuses.

Soucieuse de protéger et de mettre en valeur son patrimoine, la MRC a réalisé un travail d’identification et de caractérisation des éléments les plus significatifs de son histoire, lequel a mené à la mise en place d’actions de mise en valeur et d’interprétation. Cet intérêt soutenu s’était exprimé par un partenariat avec le réseau Villes et villages d’art et de patrimoine (VVAP) et avec le Service d’aide-conseil à la rénovation patrimoniale (SARP). Dans le cadre de la corvée collective, initiée en 2012, la municipalité de Saint-Edmond-les-Plaines est la première à bénéficier du SARP en vue de revitaliser son noyau villageois.

Récréation et villégiature
La caractéristique propre et l’immensité de son territoire font de la MRC de Maria-Chapdelaine une destination adaptée à la récréation et à la villégiature. En effet, son milieu forestier connaît une fréquentation croissante de la part des chasseurs, pêcheurs, randonneurs et des villégiateurs. Au fil des ans, ces activités ont donné lieu à la construction de chalets et de structures d’accueil. Ainsi, on compte entre autres dans le milieu forestier public plus de 3 500 chalets, 4 pourvoiries à droit exclusif (Air Bellevue inc., Pourvoirie? Damville inc., Aventure Nipissi inc. et Pourvoirie La Jeannoise inc.) et 4 pourvoiries sans droit exclusif (Club le Refuge, Pourvoirie Chibougamau, Aventure Maria-Chapdelaine et Air Bellevue inc.). Le territoire forestier compte aussi deux ZEC, soit la ZEC Sacerf des Passes et la ZEC Rivière-aux-Rats et de nombreux sentiers à caractère récréotouristique dont la très grande majorité sont situés en forêt publique. Ceux-ci sont notamment utilisés par les motoneigistes et quadistes. En fait, les randonnées de motoneige et de quad sont plus en plus présentes sur le territoire de la MRC. Enfin, bien qu’en territoire municipalisé, la piste cyclable «Véloroute des Bleuets» qui ceinture le lac Saint-Jean, constitue un attrait touristique majeur de la MRC.

3.0    Le milieu humain
Démographie et concentration urbaine
Constituée de 25 279 habitants selon les données du recensement de 2011, la MRC de Maria-Chapdelaine voit sa population concentrée principalement sur le territoire de la ville de Dolbeau-Mistassini qui compte quant à elle, 14 384 habitants, soit 57% du total. L’autre pôle de concentration démographique est la ville Normandin qui détient près de 13%. Quant aux autres municipalités, elles se partagent 30% de la population totale restante. En 2011, les TNO comptaient 257 résidents permanents regroupés à près de 90% dans l’agglomération de Ste-Élisabeth-de-Proulx. Notons, à part ces résidents, une occupation importante qui se traduit notamment par une villégiature saisonnière.

Durant la période 2006-2011, la population de la MRC a accusé une légère variation de -1,9% comparativement à -4,2% durant la période précédente 2001-2006. Bien que les perspectives démographiques ne soient complètement reluisantes, la réalité des 10 dernières années permet de croire que la baisse de la population de la MRC de Maria-Chapdelaine devrait être moins importante pendant les 25 prochaines années.

Étant deux pôles de concentration urbaine, les villes de Dolbeau-Mistassini et Normandin disposent de toutes les fonctions urbaines (résidentielle, commerciale, industrielle, de services et autres), tandis que leur nombre et leur ampleur varient dans les autres municipalités en fonction de la zone d’influence de la collectivité. De plus, la ville de Dolbeau-Mistassini, en tant que pôle majeur, regroupe la plupart des équipements et infrastructures de nature supralocale. Les autres municipalités de la MRC forment, avec la ville de Normandin en tête, des entités à vocation agroforestière.  

L’emploi et les secteurs d’activités économiques
En ce qui concerne l’emploi et l’économie, les plus récentes données disponibles montrent que la population active de la MRC est de 11 895 habitants. La répartition des emplois selon les secteurs révèlent que 1 905 personnes s’activent dans le secteur primaire, 2345 dans le secteur secondaire et enfin 7 645 dans le secteur tertiaire. Malgré que le secteur tertiaire occupe le plus grand nombre de travailleurs, notons que l’exploitation des ressources naturelles, principalement la foresterie, constitue la base de l’économie de la MRC de Maria-Chapdelaine. Les classes de travailleurs vont des corporations locales, des entrepreneurs forestiers, des débroussailleurs, des reboiseurs ainsi que des ouvriers de l’entretien et de la réparation de la machinerie forestière. Plusieurs municipalités de la MRC, comme par exemple Girardville et Saint-Thomas-de-Didyme, voient leur économie tournée essentiellement autour l’exploitation de la ressource-forestière.

Le taux de chômage de la MRC est généralement près de celle de la moyenne de la Province. La relance de l’industrie forestière, ainsi que les projets d’exploitation miniers dans le cadre du Plan Nord, devraient générer diverses retombées économiques dans la MRC.